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Rassembler, accorder et harmoniser les voix et les cœurs d'une cinquantaine d'enfants, d'adolescents et de jeune, de 6 à 25 ans, c'est un défi que relève depuis bientôt 80 ans la Schola des Petits Chanteurs de Notre-Dame de Valère à Sion. En d'autres mots, la Schola est véritablement une
école de musique et une école de vie. Ecole de musique, elle l'est parce qu'elle forme des enfants dès l'âge de 6 ans (Chœurs des Petits-Nouveaux). Durant deux années, ces enfants sont initiés à la technique et à la discipline du chant choral, tout en apprenant à chanter avec leur corps et à maîtriser les bases de solfège. Au terme de cette phase d'initiation, les enfants qui en sont capables sont intégrés au chœur pour une période d'essai d'une année environ. Si tout se passe bien, si l'enfant résiste au "choc" que représente pour lui, le plus souvent, le fait d'être plongé dans un chœur de 50 chanteurs qui ont leurs habitudes et qui savent chanter en latin et tenir une partition remplie de notes, alors il entre officiellement à la Schola en "prenant l'aube" au cours d'une grand-messe en la Cathédrale de Sion le 8 décembre. Par la promesse qu'il fait devant le chœur et les fidèles, il s'engage à accorder son cœur et sa voix dans la louange et au service de la Beauté. Il a en principe 8 ans. Commence alors sa carrière de "scholiste": petit soprano ou alto durant quatre ou cinq ans, il reçoit une formation de solfège et de travail vocal, tout en s'astreignant à deux répétitions par semaine, une partielle pour son registre et une générale avec tout le chœur.
Durant la période délicate de la mue, c'est en général l'ambiance du chœur qui lui fait tenir bon: il doit en effet changer de registre (donc retrouver ses marques dans la partition et dans le chœur) et supporter quelques "couacs" de voix dont il sait qu'ils ne sont pas le meilleur son qu'on puisse attendre de lui... Mais, assez vite, il s'affirme: il devient alors un "grand" et s'installe, souvent pour le reste de sa vie, chez les ténors ou les basses. Il approfondit sa formation musicale et vocale, éventuellement grâce à la filière musique, et suit toujours deux répétitions par semaine. L'une d'entre elles est réservée aux "voix d'hommes" et lui permet de goûter aux répertoires bien oubliés aujourd'hui du chant grégorien et du Moyen-âge. Le fait que les "scholistes" de tous âges cohabitent agréablement, qu'ils sachent chanter ensemble comme ils savent jouer une partie de football durant les pauses, et le fait qu'ils soient fiers de faire partie de la Schola même s'il faut chanter des messes et porter l'aube, tout cela est le signe que l'école de vie de la Schola est une chance pour chacun d'eux.
Pascal Crittin, ancien directeur musical (2001 - 2003) |